Orientation

Sur la sélection à Assas

Source : https://www.lefigaro.fr/actualite-france/parcoursup-comment-assas-selectionne-ses-candidats-en-licence-de-droit-20200130

Ils sont chaque année 14.000 candidats à postuler pour intégrer la licence de droit de l’université Panthéon-Assas, l’une des plus prestigieuses du pays. Mais pour avoir la chance de déambuler dans le bâtiment rénové en 2012, non loin du jardin du Luxembourg à Paris, il faut faire partie des rares privilégiés. Car avec sa capacité d’accueil de 933 étudiants en première année, la formation est particulièrement sélective: seuls 6,6 % des candidats sont admis.

Cette année, les candidats ont jusqu’au 12 mars pour renseigner leurs vœux de formation sur la plateforme d’accès à l’enseignement supérieur Parcoursup, avec les notes de première et terminale, une lettre de motivation et l’avis de leurs professeurs. Quelques semaines plus tard, entre les mois d’avril et mai, un long processus de sélection s’enclenche alors à Assas. Depuis un bureau lumineux du deuxième étage, Manuel Miler, directeur des études et de la vie universitaire, supervise les opérations.

Quatre matières sont particulièrement importantes

Les dossiers sont d’abord extraits de la plateforme Parcoursup et classés par un algorithme. Sont pris en compte «les résultats des épreuves anticipées au bac, notamment celles de français, et les moyennes des différents trimestres de première et de terminale». Contrairement aux idées reçues, il n’existe pas de coefficient selon le niveau des lycées de provenance des candidats. «Aucun établissement n’est valorisé par rapport à un autre», assure Manuel Miler.

Une fois les dossiers extraits, un nombre de points est automatiquement attribué à chaque étudiant en affectant des coefficients différents à chaque matière. Si Assas ne divulgue pas les matières qui disposent du plus gros coefficient, «une attention particulière est accordée aux notes de français, de philosophie, d’anglais, et de mathématiques, en première et en terminale», précise Manuel Miler. La présence des mathématiques dans cette liste peut surprendre, mais elle se justifie par la nature du droit, une discipline à la fois littéraire et logique. «Les mathématiques permettent justement la construction de ce raisonnement logique», poursuit-il.

De ce premier tri découle, aux alentours du 10 avril, un tableau Excel de 14.000 lignes. Les candidats y sont classés en fonction du nombre de points obtenus.

Le taux de boursiers est fixé par le rectorat

Des ajustements indépendants des résultats scolaires et de la motivation des candidats sont par ailleurs apportés au classement: le taux d’admis «hors secteur», et le taux de boursiers, tous deux fixés par le rectorat.

Depuis plusieurs années, une rumeur circule sur Assas: il serait quasi impossible d’y être admis sans être inscrit dans un lycée parisien. «C’était vrai avant, mais ça l’est beaucoup moins depuis 2019», corrige Manuel Miler. Car le périmètre du secteur d’Assas a changé. Il englobe désormais toute l’Île-de-France, et plus seulement Paris intra-muros comme les années précédentes. En conséquence, le taux d’admis hors secteur, c’est-à-dire hors Île-de-France, est passé de 15% à 5%. En résumé, les candidats de banlieue parisienne ont aujourd’hui autant de chances que les Parisiens d’intégrer la licence de droit d’Assas, tandis que les jeunes issus d’autres régions en ont moins qu’avant.

Le taux de boursiers, comme le veut le cadre légal, doit être égal à la part de boursiers parmi les candidats, à laquelle on ajoute deux points de pourcentage. À titre d’exemple, les jeunes boursiers représentaient 10% des candidatures à la licence de droit d’Assas en 2019. Le taux de boursiers fixé par le rectorat était alors de 12%.

Ce tableau Excel, ainsi que le dossier détaillé de chaque candidat (bulletins scolaires, lettre de motivation…) est ensuite transmis à la commission des vœux de la licence de droit d’Assas, qui se réunit à plusieurs reprises pendant les vacances de Pâques, entre le 10 et le 20 avril.

Composée de douze professeurs désignés par le président de l’université Panthéon-Assas, cette commission examine les dossiers des candidats arrivés ex aequo ou proches de la barre d’admission. «Si deux candidats ont obtenu le même nombre de points, on peut les départager en observant leurs résultats de plus près. Par exemple, si la moyenne de l’un d’eux est boostée par de très bons résultats en sport alors que l’autre a d’excellentes notes partout, la commission peut modifier le tableau en conséquence», explique Manuel Miler.

Tous les dossiers ne font donc pas l’objet d’un examen approfondi par la commission des vœux. Pour les meilleurs, seules les notes comptent. «Nous disposons d’un laps de temps très court, puisque nous devons rendre les résultats d’admission au mois de mai», se défend Manuel Miler, qui ajoute que ces lettres de motivations sont «difficiles à évaluer de manière objective» et que «rien ne garantit que les candidats en soient les véritables auteurs».

Nouvelles matières

En 2021, lorsque les premiers lycéens concernés par la réforme du lycée s’inscriront à leur tour sur Parcoursup, Assas devra adapter la méthodologie de son classement. Mais pour l’heure, rien n’est décidé. «Nous sommes encore en train de définir les matières de spécialité que nous conseillerons aux lycéens», explique aujourd’hui Manuel Miler.

Enfin, comme dans tous les établissements prestigieux, chaque année, des «personnalités de tous bords», comme des députés ou d’anciens ministres, s’adressent directement au président de l’université Panthéon-Assas, Guillaume Leyte, en espérant obtenir des dispositions dérogatoires. Celles-ci sont «adressées et gérées au cas par cas par la présidence, selon la capacité d’accueil de l’université». «Avec Parcoursup, cette possibilité se réduit considérablement», souligne toutefois Guillaume Leyte.

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